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OIL & GAS · Hamilton Maimela · 06 July 2026

L'Algérie fait avancer un appel d'offres et des projets gaziers pour asseoir ses ambitions énergétiques

L'Algérie mène une série d'initiatives énergétiques, un nouvel appel d'offres amont, des ventes de gaz à leur plus haut niveau depuis des mois, et des avancées sur des projets internationaux longtemps...
L'Algérie fait avancer un appel d'offres et des projets gaziers pour asseoir ses ambitions énergétiques
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L'Algérie mène une série d'initiatives énergétiques, un nouvel appel d'offres amont, des ventes de gaz à leur plus haut niveau depuis des mois, et des avancées sur des projets internationaux longtemps retardés, qui ensemble soutiennent son économie dépendante des hydrocarbures et font progresser son ambition de servir de fournisseur gazier durable à l'Europe. La dynamique est réelle, mais elle se heurte à des contraintes structurelles qui rendent l'ambition plus difficile à sécuriser que ne le laissent penser les gains récents.
Au cœur de cette poussée figure l'« Algeria Bid Round 2026 », lancé en avril par le régulateur amont Alnaft. L'appel d'offres propose sept zones d'exploration à Ouargla, Illizi, Touggourt et El Bayadh, contenant des prospects pétroliers et gaziers que les autorités estiment à des centaines de millions de barils de pétrole et à d'importants volumes de gaz. Les offres sont attendues le 26 novembre, les contrats devant être signés avec la société publique Sonatrach d'ici fin janvier 2027, sous forme de contrats de partage de production ou d'accords de participation. Il s'agit du deuxième de cinq appels d'offres prévus par l'Algérie jusqu'en 2028. Le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présenté cet appel d'offres comme renforçant la sécurité énergétique mondiale et consolidant le rôle de l'Algérie comme pôle énergétique régional. Le régulateur a reconnu les enseignements du premier appel d'offres, tenu en 2025, qui a attribué cinq des six blocs à des entreprises dont TotalEnergies, Eni et Sinopec, mais a suscité une concurrence limitée, un seul bloc ayant reçu plus d'une offre.
Cet effort d'octroi de licences s'inscrit dans un programme d'investissement bien plus vaste. Sonatrach a engagé environ 60 milliards de dollars sur 2025-2029, dont environ 80 % dirigés vers l'exploration et la production, aux côtés du raffinage et de la pétrochimie visant à accroître la valeur ajoutée domestique et à réduire les importations. La récupération sur champs matures est une priorité, dont un projet de boosting de 2,3 milliards de dollars sur le pôle pivot de Hassi R'Mel, et des accords Eni-Sonatrach signés en 2025 visent 5,5 milliards de mètres cubes supplémentaires par an d'ici 2028, via quelque 8 milliards de dollars de projets conjoints.
Le gain le plus déterminant est non conventionnel. L'Algérie détient la troisième réserve mondiale de gaz de schiste, estimée à environ 700 000 milliards de pieds cubes, et est en discussions prolongées avec les majors américaines ExxonMobil et Chevron, qui ont toutes deux signé des protocoles en 2024 pour évaluer son potentiel de schiste. Si ces discussions se transforment en développement, elles pourraient améliorer sensiblement les perspectives de production de l'Algérie, en s'appuyant sur la profonde expérience de ces deux entreprises dans le schiste. Des dirigeants de Sonatrach ont décrit le gaz de schiste comme la meilleure ressource du pays et une priorité stratégique.
L'Europe sous-tend l'ensemble de la stratégie. Depuis que l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a réduit les flux de gaz russe, l'Algérie a cherché à se positionner comme fournisseur alternatif privilégié, exportant via les gazoducs TransMed et Medgaz et sous forme de GNL depuis ses terminaux d'Arzew et de Skikda. Des contrats de long terme avec les acheteurs européens dérisquent l'investissement amont dans le gaz et ont orienté l'allocation de capital de l'Algérie vers le gaz plutôt que le brut. C'est ce rôle, ancrage gazier d'une Europe se diversifiant au détriment de Moscou, qui sous-tend l'ambition de « puissance moyenne » que la stratégie vise à servir.
Les obstacles sont toutefois importants et largement absents du cadrage optimiste. La production et les exportations de gaz de l'Algérie ont toutes deux reculé d'environ 7 % en 2024, à 98,3 et 48,5 milliards de mètres cubes respectivement, sous l'effet du déclin naturel des champs matures et de la flambée de la demande intérieure, qui absorbe désormais environ 55 % de la production et croît de plus de 5 % par an, le gaz fournissant environ 99 % de l'électricité algérienne. Wood Mackenzie prévoit un pic de la production commercialisée vers 2027, suivi d'un plateau. Le pays dispose de peu de champs conventionnels inexploités, ce qui rend les projets retardés du sud-ouest et le programme de schiste non éprouvé centraux pour toute croissance durable. La réforme est lente : l'absence de dizaines de décrets d'application de la loi sur les hydrocarbures de 2019 a prolongé les négociations sur le schiste avec ExxonMobil et Chevron de 12 à 18 mois estimés, et la règle de propriété étrangère 51/49 continue de compliquer le financement.
Il en résulte une stratégie à la dynamique réelle mais assombrie par une arithmétique implacable. L'Algérie ne peut accroître son gaz exportable qu'en enrayant simultanément le déclin de ses champs, en freinant une demande intérieure qu'elle est politiquement peu disposée à renchérir pour les ménages, et en débloquant une ressource de schiste qui demeure techniquement et commercialement non éprouvée à grande échelle. L'appel d'offres et l'intérêt des majors sont de réels signes de progrès, et le besoin de l'Europe offre à l'Algérie une ouverture stratégique qu'elle a raison de saisir. La transformation de cette ouverture en le rôle de fournisseur durable qu'envisage Alger dépend d'une exécution face à des contraintes, déclin, demande et réforme, que la vague actuelle d'annonces ne résout pas.
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